Quel est le meilleur moment pour lancer sa marque de vêtements ?

Vous le savez au fond de vous, vous êtes fait pour cela ! Votre destin, c’est de monter votre propre marque de vêtements et de développer un business pérenne.

Ça fait des années que vous y pensez, et cette fois c’est décidé : vous y allez !

Mais quand faut-il vraiment oser se lancer ? Y’a-t-il des périodes plus propices que d’autres ? Réponses ici !

Pourquoi vouloir se faire du mal ?

La création d’une entreprise, et plus particulièrement une marque de vêtements, ce n’est JAMAIS un long fleuve tranquille. Peut-être avez-vous en tête les images glamours de défilés de mode ou de shooting photos. Peut-être fantasmez-vous un peu trop l’univers de la mode.

La réalité est relativement différente (malheureusement). Généralement, le développement d’une entreprise est un chemin de croix. Il faut faire des sacrifices douloureux, savoir prendre son mal en patience et faire des choix cruciaux.

Les premières années, vous vivrez avec une épée de Damoclès au-dessus du crâne. Si votre prochaine collection ne cartonne pas, vous serez sans coute obligé de mettre la clé sous la porte.

Un défilé de mode, facette rayonnante et déformée de l'univers de la création de marque.

Nous sommes très loin des photos sur papier glacé ou des films esthétiques et féériques que veulent bien nous dévoiler les créateurs.

Car, dans un monde hyper médiatisé, les marques ont tout intérêt à vendre du rêve. On met de côté les images peu attractives des usines dans les pays du tiers-monde, et on privilégie les clichés des égéries sur une plage des Bahamas. On fait abstraction de toute la recherche, tous les ratés, tous le travail, et on ne montre que les clichés de la FashionWeek.

Bref, tout ça pour dire que si vous n’avez jamais mis un pied dans le monde de la mode, vous en avez certainement une vision biaisée et idéalisée.

Je sais de quoi je parle, j’étais dans ce même cas au lancement du Papa de Jojo, ma marque de Salopettes bébés et enfants ! Le seul rapport à la mode que j’avais à l’époque, c’était par le biais de mon travail de caméraman qui m’amenait régulièrement à suivre des vedettes et à shooter des défilés.

Quand sommes-nous prêts ?

J’aurais pu continuer longtemps à vivre cette vie : mon travail payait bien, j’étais considéré dans ce que je faisais et avait une vie sociale bien remplie.

Mais à la naissance de ma gamine, j’ai eu ce besoin de changer d’atmosphère. La logique aurait voulu que je continue à faire ce que je faisais depuis plus de 10 ans. Pourquoi vouloir se mettre en danger financièrement alors que ma vie était déjà bouleversée par l’arrivée d’un enfant ? 

Mais j’avais envie de changement. Courir à travers le monde avec une caméra sur le dos, c’est sympa. Mais je n’étais jamais chez moi, et je ne voyais que rarement ma famille.

Il m’a fallu 6 mois pour accoucher du Papa de Jojo. Avec l’aide de ma compagne (qui gère aujourd’hui l’entreprise), nous avons réfléchi à ce que nous souhaitions faire. En soi, rien ne nous poussait à aller vite ou lentement. Nous avons avancé à notre rythme, sans chercher à bousculer les choses.

Commencez par le début, pour ne pas vous retrouver submerger par des tâches qui ne vous apporteront rien.

Puis, l’élément qui a vraiment marqué le départ de l’aventure, c’est la fermeture de l’entreprise dans laquelle travaillait ma compagne à l’époque. Du jour au lendemain, elle disposait de 10 heures de boulot à remplir.

Trois choix s’offraient à elle : soit chercher un nouveau travail dans une autre société, soit devenir mère au foyer, soit se lancer corps et âme dans Le Papa de Jojo.

L’occasion fait le larron

En France, nous avons la chance d’avoir une protection sociale parmi la plus protectrice au monde. On est d’accord, le système est loin d’être parfait, mais il permet entre autres à quelqu’un qui vient de perdre son travail de bénéficier de revenus pendant quelque temps.

C’est de ce temps que nous avons profité pour nous lancer. La question n’était pas de savoir si nous étions prêts ou pas. Nous n’avions à ce moment-là qu’un ersatz de projet en tête. Pas encore le nom, pas encore le concept. Juste l’envie de faire, et des rêves plein la tête.

Et nous avions désormais une deadline, une échéance après laquelle ma compagne n’aurait plus de revenus.

C’est cette durée d’indemnité arbitraire qui a été l’élément déclencheur du démarrage de notre marque de vêtements.

La créatrice qui repoussait sans cesse

Je voudrais vous parler de Fiona. Elle a la 30 aine et elle coud depuis toujours. Elle a en tête de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale depuis des années. DES ANNÉES ! Elle me consulte régulièrement pour avoir des conseils, pour savoir comment je ferais telle ou telle chose. Mais malgré des interrogations très précises sur des techniques ou des stratégies, rien n’y fait. Elle ne se commence pas. Quelque chose la retient de rendre officiel le lancement de sa marque.

Elle dispose de tous les éléments : le nom, les statuts juridiques sont écrits, elle a des modèles déjà conçus, prototypés et patronnés… Elle a l’argent disponible pour y aller. Bref !

Quand je lui ai demandé la dernière fois pourquoi elle n’était pas encore lancée, je m’attendais à n’importe quelle réponse, mais pas celle-là : « J’ai peur que ça marche trop bien ».

Peut-être êtes-vous dans le même cas de conscience que Fiona ? Ce n’est pas la peur de l’échec, le manque de fonds, les années de galère qui vous font freiner des 4 fers. Non, c’est une réussite « trop » flamboyante !

Et cette peur est paradoxalement tout aussi légitime que toutes les autres. Quoi de plus dramatique de faire foirer une société qui tournait, mais qui par manque de compétence vous n’avez pas réussi à faire évoluer. Ou parce que vous avez été dépassé parce que ça allait trop vite.

Avancer un pas après l’autre

Quelle que soit votre situation, il faut que vous parveniez à ne plus voir votre projet comme une seule chose. Il vous faut apprendre à décomposer les étapes, pour les rendre réalistes.

Vous souhaitez monter une marque de sacs native digitale (c’est-à-dire uniquement, présente sur les réseaux sociaux) ? Commencez par réserver votre nom sur les plateformes qui vous intéressent. Et vérifiez que le nom de votre marque est effectivement encore disponible à l’INPI.

Puis réfléchissez à un contenu qui intéressera votre clientèle. 

Vous avez l'idée en tête, lancez-vous ! Rien ne se fera sans vous, alors allez-y !

Procédez par ordre. Ça ne sert à rien de chercher à faire venir du monde sur votre page Instagram si vous n’avez pas un minimum de contenu. Donc, ne vous souciez pas de savoir comment faire venir les prospects pour l’instant, car ça n’est pas l’important. Ça le deviendra lorsque vous aurez quelque chose à montrer.

Bref, pour ne pas être noyé par le travail, et assommé par l’immensité de choses à faire pour réussir, je vous conseille de toujours chercher à décortiquer les étapes.

De la même manière, pour lancer votre première collection ne partez pas dans toutes les directions ! Vous allez perdre votre temps, votre motivation et sans doute une partie de votre argent. Pas génial quand on débute.

Soyez clair sur ce que vous souhaitez faire, précisément ! Quelles matières, quelles silhouettes, combien de modèles pouvez-vous développer sans vous mettre en danger financièrement ?

Trouvez puis analysez ce que font vos futurs concurrents. Produits, marketing, points de vente, style.

Et enfin, lorsque toutes les étapes préliminaires ont été « checkées », chercher des fournisseurs, fabricants, distributeurs… Rien ne sert de démarcher des revendeurs si vous n’avez rien à leur montrer. Vous allez faire perdre son temps à tout le monde avec un projet qui – éventuellement – ne verra jamais le jour.

Pour reprendre l’adage populaire : « on ne met pas la charrue avant le boeufs ».

Le meilleur moment, c’est vous qui le choisissez !

Comme nous l’avons vu, il n’y a pas spécifiquement une période plus propice qu’une autre pour monter sa marque textile. Ce moment n’a qu’un seul déclencheur : c’est vous !

En tant que patron de votre boite, vous êtes le moteur de votre réussite. Et c’est justement ce qui peut faire peur. Personne ne vous dira quoi faire et vous pourrez vite vous retrouver noyé sous la quantité de travail à effectuer.

Mais soyez certain d’une chose, lancer sa marque de vêtements est une aventure extraordinaire, passionnante et qui vous fera grandir.

Alors, qu’est-ce que vous attendez pour vous lancer et réussir ?

About the Author

J'ai découvert les joies du blogging et de la couture lorsque je suis devenu papa ! J'ai mélangé tout ça pour en faire mon activité professionnelle ! J'ai lancé ma marque de vêtements enfants ainsi que divers blogs autour des loisirs créatifs et de la paternité !

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Lorine - 20 janvier 2019 Reply

Bonjour Julien,

J’apprécie énormément cet article! J’envisage depuis longtemps de me lancer dans la création de ma marque. J’ai décidé qu’il fallait que je me lance cette année même si je ne m’y connais absolument pas dans le domaine.
J’ai commencé les cours de couture récemment pour donner vie au création que j’ai en tête et je travaille sur le concept de ma marque. Toutefois il y a des choses concrètes qui restent floues pour moi comme la somme de départ qu’il me faut pour démarrer. Pour cela, il faudrait que je me rapproche de fournisseurs pour savoir combien cela coûterait de confectionner mes créations .
Quel est la première étape pour trouver un fournisseur? Qu’est-ce qui coûte le plus dans la confection des vêtements? Merci d’avance de ta réponse et du partage de ton expertise :).

    Julien CAMPAN - 23 janvier 2019 Reply

    Bonjour Lorine !
    Je me suis lancé avec Le Papa de Jojo sans rien n’y connaitre non plus ! J’ai fait beaucoup d’erreurs, mais on apprend en faisant !
    Le fait que tu aies commencé la couture est une excellente chose. Comprendre comment sont fabriquées les choses, c’est essentiel selon moi pour ne pas se faire avoir et pouvoir proposer des solutions.
    Concernant tes questions : la somme d’argent pour démarrer une activité dépend de ce que tu veux faire ! Le lancement de ma première collection m’a couté environs 7000€. Mais ça aurait pu coûter 10 fois cette somme, ou moitié moins.
    Pour avoir les idées claires, ça peut-être une bonne chose de faire un faire un Business Plan. C’est loin d’être une perte de temps, car dans ma situation, cela m’a permis de recentrer mon activité et le fait de poser sur le papier des chiffres et des orientations te fera réfléchir à ce que tu veux vraiment pour ta marque.

    Ce que je peux te proposer si ça t’intéresse, c’est un premier contact par Skype pour discuter de tout ça et voir dans quelle mesure je peux t’accompagner dans la réussite de ton entreprise. Cet entretien est évidemment gratuit !

    Dites-moi si cela t’intéresserait.

    À bientôt !

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